Raymond Domenech déclarait avant le match qu'il avait hâte d'être à la coupe du monde. En voyant le match d'hier soir au Stade de France entre les bleus et la "seleccion", on se dit que non, nous n'avons pas hâte d'y être.
L'équipe de France n'est pas prête, elle a été ultra-dominée par une équipe d'Espagne qui maîtrise le ballon comme peu d'équipes savent le faire. Le pire, c'est qu'on peut se demander si cela n'aurait pas été le cas contre n'importe quelle équipe de niveau international. Oui, nous allons avoir bien besoin de 100 jours pour essayer non pas de gagner mais au moins essayer de faire bonne figure. Après, on verra car un Mondial révèle toujours des surprises, plus ou moins bonnes.
Se comparer à son adversaire revient à dire que l'on croit être plus ou moins au même niveau que lui. Néanmoins, comparons avec l'Espagne pour voir ce qu'il faut que nous apprenions à faire! Sans vraiment donner l'impression de s'employer outre mesure, la Roja a gagné et a même fait dans la facilité en fin de match. Une équipe rôdée, un groupe rôdé, un sélectionneur qui sait où il va, des problèmes de riches (cf les remplacements de Fabregas par Xavi, de Villa par Torres, de Iniesta par Jesus Navas...): l'Espagne ira loin si ses joueurs ne sont pas trop fatigués par leur saison.
Côté français, ben...des individualités au service d'elles-même et pas du collectif, des insuffisances techniques, un jeu en mouvement proche du néant... la liste est tellement longue qu'il vaut mieux s'arrêter là. Lorsqu'on joue face à l'Espagne, comme face au Barça, il faut arriver sur le terrain en admettant qu'on va devoir courir beaucoup plus que l'adversaire, qu'on va se fatiguer beaucoup plus que l'adversaire et qu'on va souffrir et parfois se faire ridiculiser. L'équipe de France ne l'a pas fait. Peut être certains joueurs s'estiment-ils trop bons pour faire ce travail fondamental en football.
Même quand les bleus ont le ballon, ils ne savent pas quoi en faire. En fait, ce n'est pas tellement qu'ils ne savent pas quoi en faire, c'est que les solutions ne s'offrent pas au porteur du ballon. Il est facile de faire la passe au bon moment quand on a un partenaire qui est démarqué et qui, lorsqu'il est en possession de la balle, la transmet en une ou deux touches de balles parce que de nouvelles solutions lui sont proposées. C'est ça le football de la seleccion. Et ça, cela veut surtout dire que ce qui fait la différence, c'est l'intelligence de jeu et la compréhension du jeu par les joueurs sur le terrain. Et non pas la qualité intrinsèque des joueurs! Raymond Domenech le sait sûrement, et c'est pour cela qu'il élude toujours la question en portant le débat sur la sélection même des joueurs. Car ne nous y trompons pas, les joueurs sélectionnés ne sont pas remis en cause car ils sont souvent bons en club ou à défaut ils SONT (même remplaçant) dans les plus grands clubs. Alors parlons du vrai problème des bleus, le JEU!!
Le seul joueur français a qui tout le monde attribue un peu d'intelligence de jeu se nomme Yohann Gourcuff. Et comme par hasard, il est le seul qui a couru hier. Et oui, courir est la première étape de la construction d'un jeu sans ballon. Mais il faut savoir se déplacer intelligement et ça, ce n'est pas donné à tout le monde. Là ou Fabregas, Iniesta, Silva se déplacent dans les intervalles, Ribery, Henry et Anelka reviennent aux 40 mètres pour dribbler et essayer de faire la diff' tout seul. Là où Sergio Ramos et Arbeloa apportent du soutien sur les ailes, Evra et Sagna montent quand il faut pas, et quand ils le font, ils sont en retard ou montent à contre-temps. Par conséquent, on ne leur donne pas le ballon et quand le contre s'opère, il ne sont pas à leur poste en défense. CQFD. Toulalan et Lassana Diarra balaient tous les deux le terrain en largeur sans qu'aucun des deux n'aillent de l'avant donc ils ne créent pas de décalage. Enfin la défense centrale a laissé un espace géant aux attaquants espagnols car obligés de couvrir les ailes abandonnés par Sagna et Evra. Ce qui d'ailleurs a coûté les deux buts.
Puisqu'on parle de défense, pourquoi Raymond ne sélectionne t'il pas toute la défense de Bordeaux? Nous avons la chance en France d'avoir une équipe championne de France dont les défenseurs sont tous français et qui plus est, qui ne prennent pas de buts (seulement deux depuis le début de la ligue des champions cette saison).
Comme l'a dit Gourcuff après le match, c'est simple le foot. Il reste 100 jours à l'équipe de France pour trouver cette simplicité, et cela ne sera sûrement pas de trop...










